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Je ne vois aucun mal à se restaurer au cinéma, car ce medium peut souvent être considéré comme nourriture pour l’esprit, dans un genre aussi large que celui qui permet de décliner sur la même table, du foie gras et des m&m’s. Pourquoi pas alors, profiter de la pénombre et du confort de la salle pour se défriser les papilles et se dilater la panse? Malheureusement on ne trouve jamais, sur les parvis des megaplexes et dans les chambres froides d’art et essai, que des sucreries médiocres, ainsi que d’épouvantables seaux à pop corn dont l’odeur fait défaillir avant la deuxième bobine. C’est ainsi que certains cinéphiles (de ceux qui enchaînent les séances comme on rempile sur les tours de manège), dissimulent dans l’immunité de leur sac à dos de quoi effrayer les shampouineurs de moquettes et les diététiciens. Encouragé par l’impunité que m’a valu jusqu’ici ma discrétion de sioux, et enchérissant sans cesse dans l’audace et la sophistication, je me trouve à présent embarrassé par le faste de mon couvert, et doit continuellement faire face à la réprobation inamicale de mes voisins. Il est vrai que mon lustre portatif peut à la rigueur importuner un spectateur mal placé, mais sans lui, j'encours le désagrément de devoir partir à tâtons à la recherche de mes rince-doigts. Quant aux commentaires que me valent les allées et venues de mon majordome, je les trouve bien sévères : on a un standing ou on reste chez soi. La vie du sybarite est décidément bien mal facilitée de nos jours, et bien peu digne de notre époque de progrès… Ajouter un commentaire verif = code = contact: hello@groliv.com
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