|
Recherche
Index |
Je me demande si le rangement n'est pas finalement une illusion de plus. Il est naturel, pour tout un chacun, de prétendre au statut d'être organisé. Quand on appartient à une espèce qui a su, par son organisation, parcourir les millénaires à la bride d'un succès sans merci, on s'efforce de paraître organisé, ou bien l'on court s'abstraire dans la canopée pour s'y couvrir de honte. Rare sont les êtres, vraiment, qui se privent du signe extérieur de fiabilité que constitue une vie organisée. A ceux-là qui naviguent, insensés, sous la direction d'un compas déboussolé, échoit une considération peu flatteuse. On les appelle peintres ou forains. On les traite de chansonniers... On ne saurait confier à l'un de ces misérables la gestion de sa propre coiffure. C'est ainsi que tout un chacun chemine dans l'existence, embastillé au sein d'une industrie de clés, de codes et de méthodes qui permettent laborieusement de sauvegarder les apparences. Car, il faut le reconnaître, ces combines sont bien illusoires. En effet, qui parvient à remettre la main sur cet avis d'imposition, soigneusement rangé dans le tiroir approprié et préservé dans le classeur idoine? Non pas n'importe laquelle de ces paperasses dont vous avez soigneusement congestionné vos archives depuis tant d'années, mais justement celle que l'administration se met en tête de vous réclamer à l'improviste? Qui parvient à localiser le fameux contrat de garantie du congélateur, consciencieusement archivé, avant que lui-même ne surgisse hideusement, après quatorze mois d’embuscade derrière les barquettes de poisson? Qui enfin, me dira pourquoi, alors que la clé de mon vélo a sauté de ma poche ce matin, son double, entreposé dans mon tiroir à clés depuis l'automne 2004, s'en est révélé ce soir parfaitement absent? Il ne manquera certainement pas de réapparaître d'ici quelques années dans une de mes jardinières, où dans tout autre lieu où le scandale sera suffisant. Je ne voudrais pas paraître superstitieux, pas plus ne courrais-je le risque d'offenser les dieux, mais par l'Enfer, vous me paierez ça, mes maîtres. ![]() Ajouter un commentaire verif = code = contact: hello@groliv.com
|
Nouvelles Histoires
Nouveaux dessins
Liens
Le site en flash
...
|