No limits 30 Avril 2008 à 09:20

No limits


Wes Anderson est un réalisateur déconcertant. Son humour pince sans rire essaie de me rendre fou. L'air de rien, il rassemble des ingrédients d'une mélancolie à s'enterrer vivant, avant de les assembler en un déchaînement désarçonnant d'hilarité. Un gargarisme.

Je regrette souvent d'avoir consommé un Mac Deluxe. Le Mac Deluxe est si appétissant qu'on en commanderais volontiers trois ou quatre, mais une fois ingéré, le plat se révèle lourd, provoque la nausée et constitue un puissant somnifère.

Un film de Wes Anderson tout au contraire, semble au premier abord absolument odieux, et il me faut rassembler toutes les ressources de mon intellect pour pénétrer dans une salle où mon être est convaincu d'aller s'immerger aux tréfonds d'une mélancolie jaunâtre et fatale.

La première bobine du Darjeeling Limited est d'une telle incongruité et d'une telle ineptie qu'on se fait la remarque que cette fois, décidément, Wes Anderson exagère et qu'on ne se laissera pas berner lors de sa prochaine plaisanterie.
Puis insensiblement, on se rend compte que l'ambition de Wes Anderson est de mettre en scène des personnage sans cesse au bord des larmes qui ne pleurent jamais mais font n'importe quoi. Des êtres qui semblent à jamais bloqués en pleine descente après une montée d'acide probablement cosmique, et on se rend compte qu'on aime ça.

On se rend compte que ces êtres cafouilleux ont la même tête que nous lorsque, au détours d'une gueule de bois, il ne nous surprendrait pas le moins du monde, d'être les passagers d'un train bollywoodien en route pour le Népal.

Alors nous voilà rassurés, car il semble certain qu'avant d'arriver à destination, quelle que cruelle et vide qu'en soit la réalité, il nous reste à traverser dans une stupeur béate, un océan de fumisterie.



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