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Enfin ! L’Université de Colombie Britannique vient de dévoiler une justification expérimentale à l’intuition qui depuis si longtemps nous taraude le ciboulot. En effet, selon l’étude de ces neurologues, l'activité de nombreuses régions du cerveau augmenterait lorsque notre esprit vagabonde. Mieux, les résultats des expériences suggèrent que la rêverie est un état de la conscience qui met en œuvre les structures cérébrales dédiées à la résolution des problèmes complexes. Il me faut reconnaître que cet argument est le bienvenu. En effet, lorsque l’on se débat au sein de notre belle société, la vie s’impose au promeneur comme une course de relais au sein de jeux cosmolympiques et mystérieux. Malheur à l’inconscient qui ne la prendrait pas au sérieux ! Notre existence est une succession de tests, de rites, de passages qui réclament une attention constante et une mobilisation forcenée. Au sein de cette mécanique, la rêverie est la faiblesse du dilettante. Elle y est jugée inefficace et inappropriée, au point que la reconnaissance se gagne par l’omniscience, ou à défaut, par son apparence. Hésitez-vous avant de répondre à une simple question ? Vous devenez suspect. Votre réponse trahit-elle une profonde méconnaissance de la discussion en cours ? Il sera difficile de restaurer votre crédibilité. Êtes-vous surpris, le nez en l’air, noyé dans l’examen injustifiable d’un trou de punaise sur le faux plafond ? Votre réputation est faite, sortez. Qui n’a pas vécu et redouté ces instants si communs où malgré vos contorsions les plus savantes, il va apparaître comme évident que vous n’avez pas la moindre idée de ce dont il est question ? Et que dire de cette terrible requête : que fais-tu ce weekend ? Sous cette formulation anodine se dissimulent tant d’obscurité, tant d’ambigüités, tant de doutes, qu’y répondre est tout simplement impossible. Sa simple évocation m’entraîne dans des nuées de spéculations présentant tous les aspects extérieurs du somnambulisme. Le professeur Kalina Christoff, du Département de psychologie explique que «Cette étude témoigne que notre cerveau est très actif quand on rêve éveillé, beaucoup plus actif que lorsque nous nous concentrons sur des tâches de routine.» Voici enfin le distrait réhabilité, l’étourdi légitimé et l’élève dissipé absout de ses crimes. La nouvelle est plaisante et me rappelle ce prix Nobel de physique qui regrettait de ne pas avoir été boulanger, afin de disposer de plus de temps pour penser. Je veux bien reconnaître qu’il est fâcheux, le matin, de retourner trois fois sur ses pas, et d’oublier par trois fois son portefeuille. Mais n’est-il pas envisageable que celui qui, pour une méprise malheureuse, se couvre de honte devant un collège de gens sérieux, n’ait tout naturellement été s’emberlificoter dans la contemplation inextricable de l’imbroglio des univers ? 2 commentaires verif = code = contact: hello@groliv.com
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