Tourneboule 26 Avril 2007 à 01:03

Tourneboule




Tourneboule




Le faible vent tiède qui inondait son visage, et les prémices orangées d’un couchant chaleureux ne parvenaient pas à adoucir l’humeur de Quintero.

Navré d’avoir gâté l’apaisement légitime qu’il attendait de la part d’un honnête coucher de soleil, il n’en concevait que plus dépit, et grinçait dans sa barbe. Il grinçait depuis le début de cette traversée impossible, et les manières arrogantes du capitaine étaient peu propices à calmer son irritation. Alors qu’autour de lui, un orchestre élémentaire résonnait au timbre coloré de la fin d’après-midi, Quintero se répandait en soupirs. Il ruminait, assis sur quelque chose d’incommodant, puis après un instant passé à mûrir un soupir qui soit suffisamment éloquent, il l’exhalait en se ratatinant d’une hauteur qu’il espérait digne de son affliction. Dans cette posture, il jetait de temps à autres des regards anxieux par-dessus son épaule, comme s’il tentait de dénoncer, embusquée dans la routine d’un décor familier, l’imminence sournoise d’une infortune atroce.

Cela faisait maintenant plus de deux mois qu’ils avaient quitté Palos avec son navire. Et presque un autre mois qu’ils ne pouvaient voir la terre qu’à travers des mirages odieux, suggérés par les brumes qui se faufilaient à l’horizon pour le nourrir d’inquiétudes.

Et mes inquiétudes, Le Seigneur sait combien elles sont justifiées, rabâchait-il plaintif. Quelle démoniaque perversité pouvait inciter des créatures du Tout-puissant à vouloir ainsi défier les lois naturelles ? A accomplir le projet imbécile d’explorer les limites de la Création, et encourir les conséquences inévitables de ce blasphème ? Par faiblesse, il s’était laissé embarquer dans cette entreprise funeste, et depuis leur départ des Açores, l’issue de cette aventure lui apparaissait chaque soir plus fatale, et probablement très onéreuse… Au milieu de l’océan, les revers de fortune ne prennent-ils pas tout de suite des allures abyssales ?

« Senhor Quintero, votre face de carême nous gâte notre beau couchant, vous savez ?… Avez-vous décidé de nous affliger jusqu’aux Indes, avec ces airs d’agonisant ? »

Quintero émergea de son abîme pour faire face au Capitaine Pinzon et à son allure scandaleuse. Quelles que soient les circonstances, le capitaine ne sortait jamais sans s’être couvert le visage d’un air vaguement dément, qui semblait suggérer l’imminence d’une farce épouvantable. Quintero se serait bien passé de ce caractère démoniaque, mais Pinzon était, par convention, seul maître à bord après Dieu, quelle que soit le jugement inévitable du dernier sur le précédent.

« Il m’est difficile, déclara-t-il pincé, quand nous sommes lancés vers les horizons interdits, de m’extasier devant un spectacle qui est ce que le Très-Haut a trouvé de moins cruel pour célébrer notre infamie !

- Est-il possible… Quintero, vous êtes une sacré vieille soupe! Ne percevez-vous pas à l’avance, la frénésie des merveilles qui nous attendent derrière ces fameux horizons ?

- Vous êtes bien suffisamment frénétique. Je vous vois déjà, guidant avec ce sourire idiot, ma caravelle droit au cœur des enfers ! »

Le capitaine eu un hoquet d’hilarité. « Les enfers ! Ah ! Non je ne crois pas… » Son regard s’aiguilla vers l’horizon. « Si vous voulez mon avis, l’enfer véritable est celui que l’on trouve dans la société des humains. » Puis, écarquillant légèrement les yeux, il fit face à Quintero qui, craignant de le voir lui sauter à la gorge, se renfrogna dans la configuration de la tortue.

« Ce qui nous attend de l’autre côté de l’Océan, Senhor Quintero, ne sont rien de moins que le mystère, la gloire, et, ajouta-t-il le regard humide de convoitise, la fortune…

- La fortune ? » Quintero prit un air lamentable. « Me direz-vous quelle fortune il est raisonnable d’espérer trouver, en se jetant la tête la première par-dessus le bord de la Terre ?

- Ah ! Le bord de la Terre ! Est-on superstitieux... Vous êtes angoissé ?

- Mais cette expédition est vouée au désastre ! Et vous portez avec l’Amiral et ses dangereuses conjectures, la responsabilité de livrer mon navire à la merci des créatures démoniaques qui hantent les bords du monde !

- Pourquoi donc une bande de démons s’en prendraient-ils à votre caravelle, vieux tonneau d’angoisses mythologiques? Il est question de profit, vous savez ? Et celui qui sera exploité de ce voyage dépasse certainement tout ce qui se peut imaginer au Portugal. Quant aux conjectures de l’Amiral, je suis confortablement assis dessus… » Levant soudain le regard « En attendant, voici l’obscurité qui gagne : Je vais profiter de ce ciel clair pour faire le point. M’accompagnerez-vous avec le pilote ? Vous aurez le loisir de discuter avec un géomètre, des hasards de notre traversée. » Il entama une rotation sur lui-même. « Une grappa, pour apprécier la divine lueur des sphères étoilées, hmm ? »

Et il parti sur un rire satisfait.

Satisfait, il l’était moins, de devoir subir, sur le navire qu’il commandait, la présence plaintive de son propriétaire, forcé par l’Amiral Colomb à lui prêter son bâtiment pour l’expédition circumterrestre vers les Indes. Mais le monde était ainsi fait qu’il lui fallait sans cesse supporter le fardeau d’êtres sans imagination, tant l’investissement de leurs biens s’avérait nécessaire à la poursuite de ses projets d’exploration. Quintero était-il suffisamment obnubilé par la proximité de mesquins profits pour ignorer les promesses fulgurantes, des richesses inépuisables qui ne pouvaient manquer de s’amonceler de l’autre côté de l’océan ? Quant à ces légendes sur le bord de la Terre… Et les maudits calculs de l’Amiral… Peu importait à Martin Alonzo Pinzon, que la Terre fut ronde ou plate. Il avait déjà atteint les rives orientales de la mer océane, et sa soif lui commandait d’y retourner.

Décidé à engourdir les jérémiades du marchand, il se fit apporter un flacon de grappa, et prit le chemin de la plage arrière, pour retrouver le pilote.

Cristobal Garcia Xalmiento avait pour passe-temps la contemplation de l’univers. On dit qu’Eratosthène, devenu aveugle, préféra se laisser mourir de faim, plutôt que d’être privé du spectacle sidéral. Xalmiento pour sa part, avait pour habitude de succomber d’allégresse devant l’évidence de la rotondité terrestre. Il aimait s’avachir sur le plat-bord, et, le regard vaguement retenu par l’horizon, il se figurait la sphère géoïde sur laquelle venait s’incurver les routes maritimes, et le scintillement magique des étoiles qui les surplombaient. Alors, il succombait d’allégresse, émettait une série de gloussements, puis redressait vivement la tête pour s’assurer qu’on ne l’avait pas vu.

Le Capitaine Pinzon lui apparaissait comme un homme plein d’assurance, bien que sans doute excessif dans cette qualité comme dans les autres, lesquelles n’en étaient pas forcément d’ailleurs. Chaque jour, discutant ensemble des routes possibles jusqu’aux Indes, ils partageaient leurs doutes quant aux calculs de l’Amiral, et Pinzon exprimait un enthousiasme tonitruant. Mais si l’attitude de Xalmiento se trouvait, naturellement, motivée par la logique et la contemplation, le Capitaine se comportait sans cesse comme si l’Océan lui dissimulait quelque part, une arche fabuleuse, sous laquelle il lui fallait arranger au plus vite une parade triomphale.

C’est ainsi qu’il apparu, brandissant un flacon, et traînant dans son sillage un Quintero fataliste, affichant la démarche résignée d’un pénitent de la semaine sainte.

« Senhor Xalmiento, nous allons faire le point.

- Avec un flacon de grappa ?

- Hmmm, le Senhor Quintero se sent du vague à l’âme, vous savez ? J’ai donc décidé de l’inviter à faire le point sur notre navigation. Nous allons distraire ce brave commerçant avec un exposé jovial.

- Il semble ravi.

- Et il peut l’être ! N’est-ce pas merveilleux, ce voyage sur la courbure du monde, à la poursuite de l’horizon ? Senhor Quintero, voici votre verre. » Puis, s’adressant aux éléments comme à un auditoire: « Nous nous précipitons vers la gloire ! » Ce qui fit sursauter le pilote, et gémir le marchand.

Quintero considérait son verre de grappa avec une moue désemparée : « C’est bien le terme. Vous ferez une autre figure lorsque nous serons précipités avec ma Caravelle, par-dessus le bord du monde.

- Mais enfin quelles sont ces sottises ? » Le capitaine fit des yeux de hibou en direction du pilote, qui parut inquiet et toussa poliment : « Si je peux me permettre, Senhor Quintero, le monde est communément considéré comme un objet sphérique, et par conséquent, il n’offre aucun bord par-dessus lequel se précipiter…

- Vous en êtes sûr ? Comment pouvez-vous en être sûr ? Personne n’a jamais été vérifier !

- L’ombre de la Terre portée par le Soleil sur la Lune, commença le pilote…

- Pas tant d’histoires, gesticula le Capitaine. N’avez-vous pas remarqué que les navires qui prennent le large, semblent s’enfoncer derrière l’horizon ? Et que l’on voit encore leur mâture, quand leur coque a complètement disparu ?

- Une illusion d’optique, due à la distance …et à la température ?

- Grotesque. Si tel était le cas, on verrait des navires s’élever au-dessus de l’horizon… ou bien alors…» Le Capitaine se figea, les sourcils furieux, observa Quintero d’un air fauve, et dans une posture de spadassin, il envisagea de se mettre en colère.

« Il me semble, intervint le pilote, que lorsque souffle un vent chaud sur une mer froide, on peut voir un bâtiment qui se trouve derrière l’horizon…

- Vraiment ? Le marchand remplit son verre. Mais comment donc ?

- J’avoue que je n’en sais rien…

- Peut-être que lorsqu’elle est froide, la mer montre une plus grande platitude ?

- Hmmm… fit Pinzon. Ce sont vos réflexions qui montrent une grande platitude, si vous vous voulez mon avis.

- Voyez-vous, fit Xalmiento en s’octroyant une rasade de grappa, l’idée d’un monde sphérique s’impose à l’intellect par son élégance conceptuelle… »

Pinzon leva les bras au ciel, mais ne tenta pas d’interrompre le pilote dans sa monomanie. Il adopta une posture étudiée, qu’il voulait digne d’un philosophe, puis s’alarma en s’apercevant qu’il était en train de grignoter son chapeau.

« … depuis l’Antiquité, continuait Xalmiento, la notion d’un monde pourvu d’un bord est source d’embarras… Dante le décrit comme une sphère matérielle, dont la frontière, la sphère qui entraîne les étoiles, coïncide avec celle de la sphère spirituelle, ou l’Empyrée. Bien entendu, si l’on considère…

- Attendez, coassa le marchand. Si le monde est sphérique, cela n’a-t-il pas des conséquences effrayantes ?

- Je vous demande pardon ?

- Plus nous nous éloignons des terres, et plus le monde est penché, de sorte que nous allons finir emportés par le courant des eaux, glissant sur les bords de la sphère ! »

La peine s’abattit sur le visage du pilote, qui étouffa un sanglot et se saisit de la bouteille de grappa.

Le capitaine, qui s’était abîmé dans l’inspection de son chapeau, sursauta et engloutit son verre.

Pendant ce temps, Quintero se débattait avec la vision horrifique, d’une mer océane se répandant sur un globe titanesque, et dans les flots démentiels de laquelle, une microscopique caravelle était précipitée dans l’abîme. Puis il prit conscience du regard des deux autres, plissa les yeux et reconsidéra la question, puis hasarda :

« Si les eaux glissaient autour du monde, il n’y aurait pas de mer océane ?

- Cela paraît indubitable, Senhor.

- Et si la mer était alimentée par une source magique, qui…

- … Quintero, je vous en prie. J’ai navigué sur toutes les mers et il ne s’y trouve pas plus de source magique, que de monstres, ou de…

- … Oh Seigneur, les monstres !

- … ou de glissade océanique. Reprenez donc une petite grappa, cela vous calmera.

- Merci. Vous avez navigué sur toutes les mers ?

- Des côtes torrides de l’Afrique, jusqu’à l’enfer gelé qui repose sous l’étoile du nord, vous savez.

- Non, je ne sais pas… Mais je connais un moine qui affirme que la bande torride qui marque la limite entre le nord et le sud du globe, est faite d’une barrière de feu, et qu’elle sépare notre monde, de l’Eden dont nous avons été chassés. Et qu’elle est gardée par un archange armé d’un glaive, et …

- Maudit soit le moine ! » Pesta Pinzon, mécontent de voir son exposé jovial travesti en litanie de malédictions bibliques.

Il remplit son verre de grappa, et, s’accoudant au plat-bord, il déclara :

« Il y a quatre ans, mon frère et moi naviguions à bord d’un navire normand, vers l’archipel des Açores. Nous avons essuyé une jolie tempête. La mer nous a drossés pendant des jours vers le sud-ouest, et nous avons fini par accoster sur une côte inconnue, à l’embouchure d’un grand fleuve. Ce ne sont pas seulement des îles, vous savez. Ces terres de l’ouest ne peuvent être que les Indes elles-mêmes, avec leurs richesses, leurs mystères, leurs mirages… vous savez ?

- Non, je ne sais pas ! Je ne sais pas ! Si vous êtes déjà allé aux Indes, qui vous empêche de retourner vous y perdre dans vos mirages ?

- Mais que croyez-vous que je sois venu faire dans cette caravelle ?

- Organiser un naufrage à mes frais ?

- Oh… c’est tellement commerçant…

- Messieurs, supplia le pilote. Je vous en prie… L’équipage nous observe.

Puis, plus bas : Je crains malgré tout qu’il ne puisse s’agir des Indes… Selon Ptolémée, la mer océane est large de près de neuf mille miles. C’est bien au-delà des côtes où la tempête vous a entraîné, Capitaine.

- Ha ! Cria le marchand. Et l’Amiral qui s’entête à nous engourdir avec une distance de trois mille miles !

- Et encore l’Amiral parle-t-il en miles arabes. En miles italiennes, la distance calculée par Ptolémée atteint treize mille miles !

- Ah mon Dieu ! Treize mille miles ! Mais c’est effroyable… Mais… mais nos corps ne seront plus que cadavres décharnés, avant même que…

- … que nous ayons accompli la moitié du voyage, en effet, Senhor. »

Alors que Quintero s’étranglait avec sa grappa, le capitaine s’empara de la parole :

« Tonnerre ! Au diable votre Ptolémée ! Relisez Toscanelli ! Les calculs de Marin de Tyr considèrent comme beaucoup plus étroite, la distance qui nous sépare des Indes, et ce, dit-il brillamment, en accord remarquable avec mes propres observations !

- Gloups. Le marchand glapit : Vous voulez parler de votre précédant naufrage ?

- Je veux parler d’un fleuve tel qu’il n’en naît pas sur les îles. Nous avons affaire, senhor, à la côte orientale du monde ! »

Son index virevoltait devant les yeux de Quintero, forçant ce dernier à loucher en fronçant les sourcils.

Afin de consolider sa position, le marchand s’empara du flacon et fit couler la liqueur. On choqua les verres avec des regards appuyés.

« Entendez-vous ce bruit ? » Quintero semblait paniqué. Il s’éloigna en bafouillant d’obscures invectives.

« Notre marchand a la grappa nauséeuse, affirma le capitaine.

- Marin de Tyr, continuait le pilote songeur, suppose deux cent vingt-cinq degrés de longitude, pour relier par voie terrestre, l’Espagne et la Chine.

- Très juste, mon cher géomètre. Ce qui nous laisse cent trente-cinq degré de mer océane, enchérit Pinzon.

- Et qui nous approche des dix mille miles italiennes…

- Je sais ce que j’ai vu.

- Il y a peut-être une autre explication ?

- L’Histoire jugera. Grappa ?

- Certainement. Vous entendez ce vacarme ? On dirait…

- Quintero ? » Pinzon agitait son chef comme l’aurait fait un oiseau, tout en battant des bras pour préserver son équilibre. « Ah ça, mais où s’est-il carapaté ? Quintero, ça n’est pas être beau joueur que de vous défiler avec la grappa ! »

Le pilote, qui esquivait les moulinets du capitaine avec une grande maladresse, chu sur un sac de nœuds tout proche, et nota la présence incongrue du marchand, qui, entortillé dans les haubans, semblait en proie à un profond tourment.

« Là-haut Capitaine ! Il gémit comme un possédé ! »

De fait, Quintero fixait les flots crépusculaires avec hystérie, tout en portant nerveusement le goulot à ses lèvres.

« Le forban ! Quintero, rendez nous ce flacon ou vous allez tout renverser ! »

Le marchand répondit en projetant un doigt accusateur :

« Les voilà ! Les monstres qui rugissent aux confins de l’océan ! Le bord du monde ! Nous allons payer pour ce blasphème ! Nous sommes livrés aux Créatures d’en Bas !

- Qu’est-ce donc que cela ?

- Nos actes crient trahison à la face du Ciel, et nous voilà promis au dernier cercle de la Géhenne!

- Rendez nous ce flacon immédiatement !

- Je vois nos âmes, englouties par la gueule sombre du Léviathan !

- Xalmiento, voulez-vous m’aider à maîtriser ce gaillard infernal ? »

Le pilote, penché sur le plat-bord, semblait préoccupé et distant : « C’est assez curieux Capitaine…

- Le misérable aura tout bonnement abusé de la liqueur. Quintero, voulez-vous cesser immédiatement ce caprice ! »

Mais le marchand, déchirant ses vêtements, s’arrachait les cheveux en sanglotant.

« … et ils périrent par leur impiété, les insensés !

- Oui c’est très curieux… Maimonide parlait de quarante lieues par jour pendant plusieurs millénaires… Je n’y ai jamais vraiment cru, bien sûr… mais tout de même…

- Que me chantez-vous là ?! »

Pinzon effectua une rotation furieuse et se rua vers le plat-bord, où son visage se contracta d’effroi.

Xalmiento se tenait face à un étrange couchant. A l’infini, le Soleil lançait ses rayons, éclatant dans un ciel d’une noirceur impossible, si bien que l’horizon avait disparu. Il fut pris de vertige en croyant deviner les flots sombres, suspendus à un angle insensé. Mais plus encore, en baissant les yeux vers l’étrave du navire, Pinzon réalisa avec terreur, que la caravelle glissait silencieusement sur la sphère étoilée.



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